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ENTRETIEN AVEC PATRICK LE QUÉMENT

Le design est un atout stratégique pour un constructeur automobile. Renault sélectionne avec soin les meilleurs designers et met tout en oeuvre pour favoriser leur intégration au sein du groupe. Précisions avec Patrick le Quément, Directeur du Design Industriel de Renault.

Quelles sont les qualités requises chez un designer ? 

Un designer doit à la fois être très créatif et se montrer curieux du monde dans lequel il va évoluer. La création se fait dans un contexte industriel, pas dans un endroit clos : les produits doivent à la fois être séduisants et industrialisables. Les designers et les maquettistes doivent posséder l'amour de l'automobile, la maîtrise des moyens d'expression tels que le dessin et le modelage... et le talent !

D'autres critères de sélection ? 

Un designer doit être capable de travailler au sein d'un collectif, en bonne intelligence avec l'ingénierie et les gens du produit. Quand nous sélectionnons un candidat, nous sommes très vigilants sur deux points : la performance individuelle et la capacité à travailler avec d'autres.

Avec les équipes des autres directions, mais aussi au sein du design industriel… 

Bien entendu ! Notre direction est composée à deux tiers de métiers spécifiques au design : designers, mais aussi maquettistes, modeleurs numériques, infographistes, managers, spécialistes des concepts cars... On trouve dans le troisième tiers les métiers classiques : logistique, contrôle de gestion, ressources humaines, communication... Travailler chez nous, c'est travailler "avec".

Comment recrutez-vous ? 

Nous sommes très présents à travers un réseau établi dans les meilleures écoles : Strate College Designers et Ensaama en France, Royal Art of College à Londres, à la Coventry University (Angleterre), au CCS de Detroit et Art Center à Los Angeles (Etats-Unis)... Nous essayons d'avoir un suivi proche du terrain. Notre ambition est de devenir leader en matière de design automobile : notre recrutement est donc international. La direction du design industriel compte 24 nationalités. Le bilinguisme français-anglais y est très développé.

Le recrutement se fait-il dans une perspective à long terme ? 

Autant que possible. Mais il est vrai que le turn over est traditionnellement élevé. Il y a un phénomène assez extraordinaire au design Renault : nous avons des gens qui ont quitté l'entreprise et qui sont revenus. Ils s'aperçoivent que nous leur donnons beaucoup de responsabilités, et très rapidement. Nous disposons, par ailleurs, d’un réseau de centres de création à l’international qui offre des possibilités de carrière à l’étranger : en Espagne, au Brésil, en Roumanie, en Corée, ou encore en Inde. Quand certains designers partent, je leur dis : "A bientôt"...

 

Travaillez-vous avec vos homologues de Nissan dans le cadre de l'Alliance ?

 

Oui, et de façon très étroite. L'instance commune, que je préside, a une mission principale : assurer la différenciation design entre les deux gammes. Car la réussite de l'Alliance dans le domaine du design passe par des gammes fortes et différenciées, sans cannibalisme.


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