PASSION & SPORT

ERRO

Le choc pictural des mondes

Esprit cosmopolite 

Erró, Renault Scape (1984), Collection Renault

Erró (1932 - ), né Guðmundur Guðmundsson, est un peintre islandais. Il découvre l’art dans un catalogue du musée d’Art moderne de New York et se passionne pour la peinture dès l’âge de 10 ans. Il étudie les beaux-arts entre 1949 et 1956 à Reykjavik, à Oslo et à Florence. En 1958, Erró s’installe à Paris où il fait la connaissance des acteurs du mouvement surréaliste. Notamment de Roberto Matta qu’il admire profondément.

 

Après un voyage en Espagne en 1952, le jeune artiste avait décidé d’adopter le nom d’un village, Ferro. Il en supprimera bientôt le F pour éviter l’homonymie avec un autre artiste. Erró était né.

Il commence très vite à déployer un vocabulaire figuratif très réaliste issu des images médiatiques, faisant ainsi éco aux démarches des artistes anglo-saxons du Pop Art.

Mordantes critiques 

De 1963 à 1965, Erró collabore à des happenings avec son ami Jean-Jacques Lebel. Son art prend alors une dimension volontiers provocatrice et militante. Erró n’hésite pas à mettre en scène des despotes – d’Hitler à Mao, les exemples abondent tout au long du XXe siècle – ou des héros de Disney dans des univers marqués par la violence et l’omniprésence de la sexualité.

 

Il reprend également Picasso, Léger ou Dali dans des pastiches critiques de la société de consommation et du spectacle. Son style résolument narratif lui permet de stigmatiser avec légèreté et gravité à la fois les travers de ses contemporains.

Erró, Renault et l’art 

Erró est sollicité par Renault en 1984. Il se plonge alors avec délice dans la gigantesque base d’images de l’entreprise. L’artiste nourrit ainsi sa créativité et produit une série d’œuvres emblématiques où la peinture historique se mêle à l’univers de l’automobile. Une collaboration qui laissera à l’artiste « le souvenir d’une sorte d’idylle sans le moindre accroc ». 

 

En 2002, L’Atelier Renault consacre une exposition à l’artiste. Intitulée « Erró, Renault et l’art », elle met au jour les liens profonds qui unissent le travail de l’artiste et l’activité de l’industriel.