L’œuvre artistique de Dubuffet s’organise de manière cyclique autour de périodes baptisées par l’artiste lui-même. Dès 1962, Dubuffet entame des séries de dessin au stylo, réalisées de manière quasi-automatique : « Pas de main de l’auteur ici. Rien que des tracés impersonnels et des coloriages sommaires en à-plats. » Le cycle de l’Hourloupe est né. C’est là son cycle le connu et le plus long – il durera jusqu’en 1974.
L’Hourloupe est synonyme d’audace pour Dubuffet. Il réduit volontairement sa palette à trois couleurs : rouge, bleu, noir. Parallèlement à cette épuration chromatique, il cherche à créer un art monumental « habitable » et se tourne vers les nouveaux matériaux à usage industriel : polystyrène, polyester expansé, résines synthétiques. La proposition de collaboration formulée par Renault en 1973 entre donc en parfaite résonance avec ses préoccupations.