Les 46èmes 24 Heures du Mans consacrent les voitures jaunes et noires. L'Alpine Renault-Elf n°2 remporte l'une des épreuves les plus réputées du monde. Pilotée par Jean-Pierre Jaussaud - Didier Pironi, elle couvre plus de 5 000 km à plus de 210 km/h de moyenne.
Le moteur Renault V6 démontre ses qualités depuis sa naissance en 1973. Il signe cette année-là sa première victoire en Sport Prototype, suivie de 5 autres en 1974. En 1976 et 1977 ce même moteur sera deux fois de suite champion d'Europe F2 avec Jean-Pierre Jabouille (Martini-Elf) et René Arnoux (Elf-Switzerland).
Dopée en 1975 par l'adjonction d'un turbocompresseur, une technique dont Louis Renault avait déposé le brevet en 1902, sa puissance qui à l'origine était de 285 ch passe à 500 ch. Le V6 Gordini-Elf frôle la victoire aux 24 heures du Mans 1977 : il termine 2ème derrière Porsche. Il prend sa revanche en 1978 : deux des quatre Alpine engagées finissent aux 1ère et 4ème places.
Une victoire aux 24 Heures du Mans n’est jamais le fruit du hasard. Celle de 1978 trouve son origine en 1973, lorsque Alpine décide de revenir en compétition à haut niveau, avec l’appui d’Elf. Plusieurs facteurs décideront du succès : une équipe de qualité, impulsée par Jean Terramossi et qui trouvera son harmonie autour de Gérard Larousse ; un moteur V6 créé par Bernard Dudot qui se lancera dans la nouvelle technique du turbocompresseur ; l’implication de Renault à travers Renault Sport, créé en 1976 ; des pilotes talentueux et constants, comme Jabouille, Jaussaud, Jarier ou Pironi.
En cinq ans, la première A 440 atmosphérique évoluera en 441 puis 442 suralimentée, s’imposant régulièrement dans les courses du championnat du monde Sport. En 1977, la victoire au Mans est à portée de main mais les trois voitures engagées abandonnent sur casse moteur. Il faut trouver un circuit d’entraînement permettant de reproduire les contraintes de la ligne droite des Hunaudières, soit 50 secondes à fond !
L’année suivante, deux Renault Alpine terminent 1ère et 4ème. Pourtant, le soir même de la course, Bernard Hanon, PDG de Renault, annonce la fin du programme du Mans, au profit de la Formule 1. Une page se tourne.