Aérodynamisme, puissance et vitesse sont à la mode dans les années 30. La Viva Grand Sport, modèle haut de gamme Renault, va ainsi bénéficier d’audaces stylistiques et techniques inédites.
L’entre-deux-guerres est synonyme d’innovations technologiques. Les avions commencent à relier les continents, les trains filent et les courses automobiles se multiplient. Le Salon automobile de Paris de 1934 consacre cette victoire de la technique. Les gammes Viva et Nerva présentées par Renault sont, avec leurs 6 et 8 cylindres respectifs, largement issues des progrès de la science. Viva Sport, courte et nerveuse, est un coupé racé et puissant ; Viva Stella une berline aux formes généreuses.
Les 2 tendances – Sport et Stella – sont réconciliées 1 an plus tard pour donner naissance à Viva Grand Sport. Voiture équilibrée aux lignes enveloppantes, elle est disponible en version ouverte ou fermée. Carrosserie profilée et élargie, inspirée de l’aéronautique... Renault signe ici sa griffe « Hyperaérodynamique ».
Avec son style fulgurant, la première Grand Sport était conçue pour séduire un public exigeant. Dans la publicité, on l’associe volontiers à l’avion Caudron-Renault Rafale dessiné par Marcel Riffart.
Sa carrosserie avant-gardistes, très enveloppante et à phares intégrés dans les ailes, a pris le pas sur la ligne classique. La disparition des marchepieds rend la caisse plus habitable : trois personnes logent de front sur la banquette avant.
Dotée d’ un moteur 6 cylindres souple et de bonne puissance, elle offre un excellent rapport qualité- prix, plus abordable que ses sœurs les Nerva. En 1935, le moteur de Grand Sport passe à 4 085 cm3 avec une vitesse maximale de 135 km/h.
Les prix d’une Viva Grand Sport s’échelonnent de 39 000 francs pour la berline à 44 000 francs pour la Coach Décapotable. Voiture haut de gamme, elle justifie son prix par un design constamment amélioré et un équipement fastueux. En 1937, Viva Grand Sport adopte ainsi une nouvelle calandre en coupe-vent dans un style très américain et un capot à 5 ouvertures latérales. Les phares sont quant à eux profilés et bombés directement dans les ailes du véhicule.
Dans son ultime version, la Viva bénéficie de modifications sensibles. La partie avant s’orne de chromes. Les phares s’arrondissent. La puissance du véhicule s’élève désormais à 95 ch à 3 000 tr/min.
Puissante et facile à conduire, Viva Grand Sport s’installe durablement au sommet de la gamme Renault après la crise économique, au détriment de la Nerva, trop coûteuse. Une place de choix que Viva Grand Sport conserve jusqu’en 1939. Seule la guerre viendra l’en déloger : victime du conflit, elle disparaît pendant l’été 1939, sans laisser d’héritière.