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GORDINI, LA MARQUE D’UN "SORCIER"

Remontez le fil de la légende Gordini. Celle d’un homme tenace et ingénieux qui savait tirer le meilleur d’une mécanique. Celle de véhicules qui ont marqué l’histoire de la course automobile, avec la célébrissime Renault 8 bleue et blanche en fer de lance…

Les Renault 12 en décousent lors de la Coupe Gordini 1972

Aux origines... 

1899. Naissance d’Amadeo Gordini à Bazzano, dans la région de Bologne. La mécanique fascine d’emblée le jeune Italien. Il fera tout pour s’y épanouir.


1925. Amadeo Gordini émigre en France et se trouve un emploi au garage Cattaneo situé à Suresnes. Mécanicien génial, il s’emploie dans les années 30 à affuter les mécaniques de modèles Fiat puis Simca. Dans les années qui suivent, des voitures préparées par ses soins brillent en compétition, comme lors des 24 Heures du Mans.

 

1938. Admiratif des performances des véhicules passés entre les mains expertes de Gordini, le journaliste Charles Faroux écrit que ces mécaniques ne peuvent être que le  fruit de la sorcellerie. « Le Sorcier » devient ainsi le titre qui accompagnera Amédée (devenu son prénom depuis sa naturalisation) tout au long de sa vie.


1950. Première année du Championnat du monde des constructeurs. Amédée Gordini estime qu’il peut se lancer dans l’aventure. Elle se prolonge sept années durant, avec quelques coups d’éclats sportifs ne parvenant pas à équilibrer une situation financière précaire.


Début du partenariat Renault - Gordini 

1956. Amédée Gordini rencontre Pierre Dreyfus, président de la Régie Renault, afin de trouver un partenariat. Un travail lui est confié pour tester ses capacités : l’amélioration des boîtes de vitesses de la gamme. Le résultat étant probant, son atelier enchaîne sur un nouveau travail portant sur l’amélioration du moteur de la Dauphine.

1957. Au 1er janvier, Renault et Gordini signent un accord : 10 000 Dauphine Gordini sont commandées. En octobre est présentée la première Dauphine Gordini et l’engouement est immédiat. Extérieurement, rien ne la distingue d’une Dauphine standard. L’essentiel se porte dans la partie mécanique : travail sur la culasse, soupapes inclinées avec un nouveau dessin des conduits d’admission et d’échappement, tubulures d’admission et d’échappement redessinées, circuit de refroidissement renforcé… Ces modifications sont possibles sans perturber la chaîne de production des autres Dauphine. Plus de sensations au volant pour un tarif très raisonnable !

 

1964. Apparition de la Renault 8 Gordini avec une vitesse maximale annoncée de 170 km/h et capable d’abattre le kilomètre en 33 secondes. Voiture sportive utilisable sur route, elle incarne le meilleur rapport qualité/prix du moment. En outre, elle trouve vite son look inimitable : peinture bleu de France 418 rehaussée de deux bandes blanches autocollantes. La première année, plus de 2 600 Renault 8 Gordini sont produites.


Apogée avec la Renault 8 Gordini 

1966. Sous l’impulsion de trois journalistes (Alain Bertaut, Paul Dupuis et Georges Fraichard), Renault et Elf lancent la Coupe Gordini. Avec elle, la compétition automobile se démocratise. La première année, il s’agit d’abord d’un trophée transversal aux disciplines (course de côte, circuit, rallye) qui accordent des points à tout pilote Gordini. Dès 1967, la Coupe se concentre sur des courses sur circuits. Aucune modification n’étant tolérée, de nombreux passionnés (des garagistes aux amateurs) peuvent faire la démonstration de leur talent de conduite. Bien des pilotes y feront leurs premiers pas (Jabouille, Darniche, Serpaggi).

 

1970. Au cœur de l’été a lieu sur le circuit du Castellet (Var) la célébration du « Jour G ». Des milliers de Gordinistes sont venus des quatre coins de la France (mais aussi d’Espagne, de Belgique) pour fêter la Renault 8 bleue et blanche… mais aussi le lancement  de la Renault 12 Gordini ! A la philosophie survireuse du « tout à l’arrière » se substitue celle de la traction avant. De nombreux aficionados émettent des réserves, mais la Renault 12 Gordini s’affiche au catalogue de la marque dès l’automne. Dès 1971, la Coupe Gordini s’appuie exclusivement sur la 12. Malgré tout, crise pétrolière aidant, le succès ne sera pas au rendez-vous. Seuls 5 000 exemplaires seront produits de 1970 à 1974.

 

1975. Après l’arrêt de la Renault 12 Gordini, la Renault 17 TS est rebaptisée Gordini. Le « sorcier » ne s’est pas penché sur son berceau mais elle hérite des caractéristiques fortes de son ainée : boîte 5 vitesses, châssis, suspensions… Ce modèle décrochera de bons classements sur des rallyes à travers l'Europe. Fait unique, quelques mois auparavant, une Renault 17 Gordini pilotée par Jean-Luc Therier remportait le rallye des Etats-Unis !

 

1979. Mort à l’âge de 79 ans d’Amédée Gordini. Un an auparavant, il assistait au triomphe d'une Renault Alpine au 24 Heures du Mans dont le V6 Turbo portait la griffe Renault Gordini. Son nom est devenu synonyme de sport et de vitesse.


30 ans après, la renaissance ! 

2009. Renault relance la griffe Gordini. Le premier véhicule à arborer les légendaires bandes blanches est la Twingo Gordini R.S.

 

2010. Quelques mois passent et c'est au salon de Genève qu'est révélée la superbe Clio Gordini R.S. ! Le temps de s'en remettre et c'est à l'automne que Twingo Gordini fait son apparition, dôtée de motorisations plus sages mais d'un look toujours aussi détonnant.


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LE CHIFFRE

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C'est le nombre de Renault 8 Gordini produites entre 1964 et 1970. La plupart se présentent en bleu avec bandes blanches, mais on trouve également le modèle peint en rouge, blanc (à partir de 1967) ou jaune (après 1969) !

LE SAVIEZ-VOUS ?

2 versions

La Renault 8 Gordini a connu deux motorisations. La 1100 (millésimes 1964-1966) et la 1300 (millésimes 1967-1970). Cette version voit sa puissance accrue, est dotée d'une boîte 5 rapports et d'un second réservoir implanté à l'avant.