PASSION & SPORT

RENAULT 12 GORDINI

L’histoire d’une difficile succession
Remplacer la mythique R8 Gordini qui a tant fait chavirer les cœurs n’est pas une tâche aisée. Forte de qualités dynamiques indiscutables, la 12 Gordini tentera d’imposer sa personnalité.

Des débuts prometteurs 

Pour remplacer la R8 Gordini en fin de carrière, Renault se tourne tout naturellement vers la nouvelle Renault 12, présentée au Salon de Paris 1969.La Renault 12 sort des ateliers en 1970, déclinée dans un premier temps en version break et sportive Gordini. Pour cette dernière, la mutation est totale : en passant du « du tout à l’arrière » à la traction avant. Grâce à un moteur puissant (4 cylindres de 1 565 cm3 développant 125 ch à 6250 tr/mn) et une mécanique imparable - 2 carburateurs double corps, freinage mixte (disques et freins) avec assistance à dépression, la Renault 12 a sur le papier d’incontestables atouts.

 
En juin, la presse automobile plébiscite l’héritière de la Renault 8 Gordini dont elle arbore le mythique bleu France. Les performances annoncées dans les articles sont éloquents : vitesse de pointe de 185 km/h, kilomètre départ arrêté de 32,8 s. L’avenir de la nouvelle Gordini semble assuré.

Duel de générations 

La voiture tarde pourtant à sortir des chaînes de montage. Les passionnés de belles voitures et les amateurs de la firme au losange rongent leur frein. Les rumeurs vont bon train sur le lancement sans cesse retardé de la nouvelle sportive.  Après un important travail réalisé sur la traction avant, la Renault 12 est enfin prête pour l’épreuve du feu.

 

Les 18 et 19 juillet 1970, à l’occasion du « jour G » célébré sur le circuit du Castellet, une rutilante Renault 12 Gordini est présentée en bleu de France comme son aînée .

Une difficile succession 

Dès 1971, la « coupe nationale Renault Elf » prend la relève de la « Coupe Gordini », et les Renault 12 se pressent au départ, comme l’avaient fait les Renault 8. Les voitures sont quasiment de série, mais dotées d’arceaux de sécurité. Les pilotes doivent réapprendre l’art de la glisse avec une traction avant… et l’on s’aperçoit vite que la nouvelle aura du mal à effacer le souvenir de l’ancienne, au tempérament si joueur. Le train avant gère difficilement la puissance et la voiture, plus lourde et volumineuse, n’offre pas la même efficacité. Ces difficultés, augmentées d’une consommation importante, se ressentent dans les chiffes de vente au grand public.

 

Après des débuts commerciaux respectables (2 225 exemplaires vendus en 1971), les ventes de la 12 Gordini chutent irrémédiablement. Le compteur s’arrête en 1974 après 5188 exemplaires produits. Difficile de succéder à un mythe tel que la Renault 8 Gordini !

 

Renault 12 Gordini 

  • Sortie commerciale
    1970
  • Exemplaires produits
    5188 de 1970 à 1974