Évènement de taille, la R16 lancée en janvier 1965 secoue le paysage endormi de l’automobile familiale. Jusqu’à être consacrée « Voiture de l’année » en 1965. Histoire d’une révolution aboutie.
Les « sixties » se sont imposées comme une décennie de profondes mutations. Le niveau de vie augmente et les mœurs s’assouplissent. Anticonformisme, hédonisme, audace… De nouveaux mots d’ordre auxquels est sensible Pierre Dreyfus, PDG de Renault, qui décide alors de lancer un véhicule à l’image des aspirations des français : la R16.
En rupture avec son temps, elle est d’abord décriée pour sa trop grande originalité et choque le public. Mais les barrières tombent vite et la R16 bénéficie finalement d’une exceptionnelle promotion par bouche-à-oreille. Elle rencontre un vif succès et impose de tous nouveaux codes en matière automobile. A mi-chemin entre le break et la berline, elle veut « montrer la voie du progrès », comme le dit la publicité… A tel point que sa silhouette atypique va rapidement être imitée par ses concurrentes.
Cette silhouette de choc, la R16 la doit à sa fameuse 5ème porte : son hayon ! C’est une première mondiale pour un modèle haut de gamme. Incliné, ce hayon ouvre sur un coffre immense qui fait le bonheur des familles. La R16 consacre le concept de « modularité » cher à Renault. Les sièges modulables en sept positions permettent de transformer l’espace à volonté. Les cloisons s’abattent et l’habitacle de l’automobile devient, pour la première fois, un « lieu à vivre ».
La R16 fait également sa révolution sous le capot ! Sur le plan mécanique, elle innovera puisqu’elle sera équipée, dès 1965, du premier bloc moteur en alliage léger réalisé dans le monde par coulée sous pression. Une mécanique que l’on retrouvera sur les versions TS, TA, TX ainsi que sur la berlinette championne du monde des rallyes, l’Alpine A310, les Formules Renault de la promotion sportive. Complété par un turbo, le moteur de la Renault 16 sera le premier moteur de série suralimenté : une technique brevetée par Renault en 1902 et qui, elle aussi, a fait école.
La R16 TS offre également les vitres électriques à l’avant. Une première en France, où cela était réservé aux grosses berlines américaines ! En 1969, la R16 est équipée d’une boîte de vitesses à commandes électroniques et du système de condamnation centralisée des portes.
La mythique version TX fait enfin son apparition en 1973. Elle marque les esprits par sa puissance et ses jantes type Gordini qui lui confèrent un look imparable. Avec sa boîte 5 rapports, ses 4 phares à iode, son aileron à l’arrière du toit... elle constitue l’aboutissement d’une splendide carrière.
« Voiture à vivre », la Renault 16 aura aussi été une formidable routière.
Premier modèle de Renault issu des chaînes de montage de la nouvelle usine de Sandouville, la Renault 16 se vend à près de 2 millions d’exemplaires. Un chiffre qui témoigne, avant tout, d’une véritable adéquation des voitures Renault avec l’esprit de leur époque.