D’abord baptisée Renahuit, la Reinastella est présentée au Salon de l’Automobile en 1928. Automobile de prestige, son luxe et son élégance raffinée font d’elle la « reine de Billancourt ».
Années 1920. Les riches familles, insouciantes des années sombres à venir, laissent éclater leur euphorie dans des automobiles de luxe. Hispano-Suiza, Rolls-Royce, Daimler, Packard, Reinastella… L’élite s’amuse, rêve et fait rêver au volant de voitures d’exception.
La Reinastella est l’une de ces automobiles de prestige. Chef d’œuvre de beauté et d’élégance, elle est la digne héroïne de la décennie qui a porté aux nues Josephine Baker, le Moulin Rouge et le charleston.
La Reinastella marque le début de la série Stella, une constellation de modèles prestigieux qui seront produits jusqu’en 1933. Reconnaissable à l’étoile rivetée sur la calandre au dessus du célèbre losange, elle constitue un exemple éclatant de l’âge d’or de la carrosserie classique.
Plus basse que sa légendaire cousine la 40 CV, son long capot lui donne l'élégance qui sied aux voitures de grand luxe, permettant aux plus grands carrossiers d'exprimer leurs talents.
Son gabarit est ce qui impressionne le plus. 5,30 mètres de longueur, 2 mètres de largeur et un poids de 2,5 tonnes ! A sa sortie, c’est la plus grosse voiture jamais produite par Renault.
Le modèle Reinastella constitue la toute première Renault équipée d’un moteur 8 cylindres de 7,1 litres. Elle peut ainsi atteindre une vitesse de 140 km/h. Moins sportive que les Hispano Suiza ou Rolls Royce, la Renault joue la carte du confort, de la robustesse et du prix, avec des performances plus qu’honorables. La publicité le rappelle : « La Reinastella dépasse facilement le 130 et permet les plus hautes moyennes. Véritable Pullman de la route, elle peut effectuer les plus longs parcours dans des conditions de confort, de rapidité et de sécurité supérieures à celles des meilleurs trains de grand luxe ».
Le radiateur de la Reinastella fera aussi école. Pour la première fois, il passe à l’avant du capot. Tous les futurs modèles de Renault suivront son exemple.
En 1933, une version plus légère apparaît sur le marché, la Reinasport. Comme son nom l’indique, elle est plus sportive que son aînée et destinée à concurrencer ses cousines américaines et anglaises. Elle est plus économique aussi et, comme sa sœur la Nervastella, s’avère donc plus adaptée aux nouvelles conditions économiques apparues avec la crise de 1929.