Au bureau d’études, c’était le « Projet 112 ». Il avait été question à un moment de la baptiser « Domino », pour finalement choisir R4, tout simplement. Depuis 1956, le PDG de Renault de l’époque, Pierre Dreyfus, avait le sentiment que les gens étaient dans l’attente d’une voiture au style jeune et décontracté, un véhicule du quotidien que l’on pourrait remplir de matériel professionnel, comme des courses de la semaine, et qui servirait aussi bien le dimanche pour les pique-niques en famille.
Première voiture polyvalente, c’est une véritable révolution. Mais pour en arriver là, il aura fallu repenser le concept même de l’automobile, en commençant par mettre le moteur à l’avant, permettant de transformer une berline familiale en fourgonnette par simple rabat de la banquette arrière. Même le hayon du coffre était à l’époque une première mondiale – une idée reprise depuis par tous les constructeurs de la planète. Quand on parle de « changer l’automobile » !
Deuxième aspect révolutionnaire de la R4 : son prix. Pierre Dreyfus voulait en faire une voiture française à la portée de toutes les bourses. Il a donc dit à ses ingénieurs qu’elle devait pouvoir être vendue « 350 000 francs et pas un centime de plus » (soit l’équivalent d’à peu près 50 dollars de 1961), d’où son surnom de « Projet 350 ».